4 saisons

L’appel, le printemps du cœur

Pierre Cardinal


Année après année, on ne se lasse pas de l’arrivée du printemps. C’est une réponse spontanée à l’appel de la vie. Ce n’est pas un hasard si le présent dossier porte sur l’appel. La couverture choisie par la précédente directrice illustre parfaitement ce thème. Les bourgeons en train d’éclore évoquent l’enthousiasme de la réponse à cet appel. En eux était contenu tout le potentiel de la belle saison. Ils n’attendaient qu’un signe pour capter la lumière. Ils étaient en dormance, l’appel les fait vivre.

La disposition intérieure constitue une dimension importante de l’appel. Comme le bourgeon, déjà formé lorsque arrive la saison morte, nous y sommes déjà préparés, et le plus souvent à notre insu. Plus fondamentalement, l’appel fait germer une semence qui avait été plantée, parfois depuis très longtemps. À plus forte raison, le moment de cet appel ne nous appartient pas. Celui qui appelle trouve le moyen de venir nous chercher au cœur même des mille et une choses qui accaparent notre quotidien. Si cet appel peut être identifiable à un moment particulier ou à un événement déclencheur, il initie un mouvement de réflexion qui sera alimenté par des prises de consciences successives. Et
la réponse se dessine graduellement à soi-même pour devenir une évidence. L’appel s’inscrit dans la durée.

Le thème choisi pour ce numéro m’interpelle dès mon arrivée en poste, ayant imposé à ma vie professionnelle un changement de cap majeur en 2001, lorsque je quittai mon emploi pour entreprendre des études en théologie. Ce virage prend aujourd’hui un sens bien particulier. En effet, il n’est pas banal ce mandat qui m’est confié de m’adresser à des lecteurs et des lectrices qui, en Son Nom, ont engagé leur vie sur Ses traces. Aussi, je l’accepte avec humilité, tout en sachant que je pourrai bénéficier du précieux support des membres du comité de rédaction.

 

Développer une culture de l’appel

L’appel comporte une grande part d’inconnu. On accepte seulement de se mettre en route. C’est pourquoi notre dossier s’amorce avec la figure d’Abraham qui incarne ce saut dans l’inconnu. L’article de Yolande Frappier nous fait entrer dans la pensée de Christoph Theobald, ce qui est l’occasion d’évoquer la bienheureuse Marie-Rose Durocher, fondatrice de la communauté des sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie.

L’appel comporte par ailleurs une dimension personnelle. Lorsqu’une invitation est lancée sans destinataire précis, elle a peu de chances de susciter une réponse positive. D’où l’importance de développer une culture de l’appel qui transcende les barrières et prenne en compte les réalités contemporaines. L’article de Mireille Éthier pose d’emblée certaines questions sur notre façon de faire appel, à l’endroit des jeunes notamment. Des voies nouvelles méritent d’être explorées afin de susciter leur intérêt. Josée Therrien, membre de l’équipe Pastorale jeunesse et vocations du diocèse de Québec, présente les belles réussites qu’a entraînées dans son sillage la préparation du Congrès eucharistique tenu en 2008, à l’occasion du 400e anniversaire de la fondation de la ville.

Notre dossier sur l’appel se conclut par une conférence prononcée par Monsieur le cardinal Gérald Cyprien Lacroix en juillet 2012. Il incite les membres des instituts séculiers à être témoins du Christ dans une société dont les valeurs divergent souvent de celles mises de l’avant dans l’Évangile.

Internet constitue un moyen privilégié de rejoindre la jeune génération, de sorte que l’article suivant s’inscrit dans le prolongement de notre thème. Julie Daigle décrit, dans un langage accessible, les possibilités mais aussi les défis que représente une plus grande visibilité de l’Église sur la toile.

Sur ce long trajet de l’appel, chacun vient de son propre lieu, emportant avec lui son bagage et son histoire. Qu’importe l’itinéraire suivi, tous convergent et en viennent peu à peu à se reconnaître. Une communication livrée l’automne dernier par Laurent Villemin nous interpelle à cet égard. Le prêtre théologien fait valoir la richesse que les personnes laïques peuvent apporter aux instituts dont ils partagent le charisme. Enfin, Gérard Marier adresse une parole stimulante aux membres des communautés religieuses, un message empreint de délicatesse qui touche par la justesse de son propos.

En terminant, je tiens à saluer le travail accompli par Sœur Micheline Marcoux à la barre de la revue, six années durant lesquelles elle s’est investie totalement. Sa curiosité et son professionnalisme resteront pour moi une source constante d’inspiration.
Bonne lecture !

 

 

Revue EN SON NOM, Vie consacrée aujourd'hui
Vol. 72 No. 2 / Mars - Avril 2014

75 ans