Feuilles de chêne

 

Les activités des Pères Blancs au fil des ans

Gilles Barrette, M. Afr.*

 

Notre toute première mission est l'évangélisation. Nos engagements ont toujours été en lien avec l’Église locale et ses besoins, ceci, selon notre charisme et en direction du monde africain et/ou musulman. Il y aurait à regarder de près chacune de nos communautés pour connaître exactement les activités dans lesquelles chaque missionnaire d’Afrique (M. Afr.) est engagé.

À titre d’exemples, voici un survol de divers modes d’évangélisation de nos membres au cours des années :

 

L’enseignement

Alors que les Sœurs Blanches ont surtout été responsables d’écoles primaires, les Pères Blancs ont dirigé des écoles techniques pour ouvrir des horizons aux jeunes adolescents.

Les Frères ont formé une foule de mécaniciens, de peintres, de garagistes, de constructeurs (bâtiments, églises, centres variés, maisons de religieuses). Plusieurs ont travaillé à l'amélioration de la vie des gens : creuser des puits, lancer des jardins pour améliorer la qualité de la nourriture. Ils ont aussi été imprimeurs, etc.

En Afrique noire, très tôt, nous avons ouvert des petits séminaires, puis des grands, pour donner à chaque Église locale, un personnel compétent pour les services d’Église et de la société civile

 

Les paroisses

La plupart des prêtres de notre ordre ont fondé et assuré les services paroissiaux, transmettant, le moment venu, ces responsabilités au clergé local avant de se déplacer pour ouvrir de nouvelles paroisses. Nous avons tous travaillé en lien étroit avec les catéchistes qui, après leur formation, pouvaient évangéliser les villages.

Une grande partie de notre travail paroissial est ainsi liée à la formation des futurs responsables laïcs des communautés chrétiennes : visite des malades, des prisonniers, des jeunes, engagement pour la dignité des personnes (enfants-soldats, enfants-ouvriers dans les mines de coltan en République du Congo, études pour changer les mentalités quant au mariage forcé).

À présent, nous participons aussi à la formation de nouvelles générations de missionnaires (Inde, Philippine, Pologne, Brésil, Mexique, et dans plusieurs pays africains, (la majorité de nos candidats venant d'Afrique subsaharienne). Nous sommes toujours très actifs dans les questions de développement rural, de formation de laïcs compétents dans les domaines touchant à l'enseignement de la doctrine sociale de l'Église.

 

La santé

Préoccupés par les questions de santé, nous avons ouvert des dispensaires et fait des recherches pour éradiquer des maladies (onchocercose en Afrique de l'Ouest), paludisme (malaria), etc.
Nous avons lancé des journaux, et continuons à œuvrer dans ce domaine. L'appel des situations dites de périphérie (dans des régions, dans des villes) nécessite que nous examinions ces situations et collaborions à ce que tous les esclavages, toutes les addictions, soient éradiqués. Nous continuons à lutter, par la formation des jeunes, contre le sida, et contre les problèmes liés à l'albinisme.

 

Les langues et la culture

Pour les besoins de la rencontre, nous avons appris les langues des populations au sein desquelles nous travaillions, fait des dictionnaires en différentes langues, publié des travaux pour les universités, les écoles primaires, secondaires et techniques. Nous continuons à fournir un service de bibliothèque pour les étudiants du secondaire et de l'université, en offrant aux étudiants un accompagnement dans leur recherche.

 

La rencontre des musulmans

Le Pontificio Istituto di studi arabi e islamici à Rome est entre nos mains, formant un large éventail d'étudiants à la rencontre des musulmans et à la connaissance de cette religion. Fondé en Afrique du Nord, ce centre s'est développé, pour ensuite être transféré à Rome et devenir un institut pontifical. Nous favorisons l'étude des religions traditionnelles africaines et étudions les diverses cultures de l’Afrique. Il existe, entre autres, au Mali, un Centre d’étude des religions africaines et des formes de dialogue avec les musulmans.

 

D’autres de nos implications

En Afrique aussi bien qu'en dehors de l'Afrique et au Canada, nous sommes engagés dans l'animation missionnaire des communautés chrétiennes. Nous essayons de donner de l'Afrique une image positive.

Nous sommes engagés dans la pastorale des migrants - auprès de ceux vivant dans les bidonvilles des grandes villes africaines ainsi qu’auprès d’Africains arrivant au Canada.

Nous avons également un ministère de présence dans divers milieux, par exemple, la présence aux hommes camionneurs, aux lépreux, aux personnes accusées de sorcellerie.... La situation locale, très souvent, ouvre des voies nouvelles pour nos engagements.

 

Au Canada

Nous n'avons jamais eu de services particuliers en dehors de l'Afrique, car de retour d'Afrique, nos confrères n'ont plus la capacité physique ou mentale de servir valablement et de manière durable soit dans les paroisses, soit dans la présence aux migrants.
Les mots-clefs de nos engagements : Rencontre - dialogue, justice, paix, intégrité de la création. Depuis notre dernier chapitre général en 2016, nous sommes très attentifs aux périphéries existentielles : quelle pastorale pour les nombreuses veuves des villes africaines, quelle pastorale pour ouvrir les jeunes aux besoins des frères et sœurs venant d'ailleurs.
Au Canada, nous avons ouvert, il y a trente ans, le Centre Afrika pour aider les nouveaux arrivants. Notons enfin, que ce genre de service existe aussi en Belgique, en Allemagne, en Espagne, aux États-Unis, en Hollande, en Grande-Bretagne, en Suisse, etc...

 

                                                                                                   

gilbar1945@yahoo.ca

 *Le Père Gilles Barrette est membre de la Société des Missionnaires d’Afrique depuis 1969. Il donne des conférences, des sessions et des cours aux prêtres, aux agents de pastorale et aux séminaristes sur la pastorale de la rencontre des musulmans tout en soutenant des groupes de dialogue islamo-chrétien. Après des études en théologie en Belgique et en France et son ordination à Québec en 1970, il est envoyé en paroisse dans le diocèse de Ouachigouya en Haute-Volta, l’actuel Burkina Faso puis au centre PISAI à Rome durant des études en islamologie (1975 à 1977). Ses rôles seront divers : vicaire de la cathédrale Ouachigouya, directeur du Centre de Formation des catéchistes à Baam, supérieur régional du Burkina-Est, Niger et Tchad, assistant du Supérieur à Rome de 1986 à 1999. Il instaure en France à Marseille une fondation au service de l’apostolat des migrants et de la rencontre des musulmans (1993-2006) et sera provincial pour les Amériques (Canada, É.U. Mexique et Brésil (2015-2018). Ces deux dernières années, il est responsable de la rencontre des musulmans et du service du catéchuménat diocésain de Montréal où il est chargé d‘accompagner des personnes issues de l’islam vers le baptême. 

 

 


Revue EN SON NOM, Vie consacrée aujourd'hui
Vol. 77 No. 3 /juillet - août - septembre 2019

 

Photo de l'entête par Timothy Eberlysur Unsplash

Bibliothèque nationale du Québec
Nos revues y sont disponibles en format PDF de 1942 à 2006