Dociles à l’Esprit
Pierre Cardinal
Le 3 avril 2014, le Pape François signait le décret de canonisation de
Marie de l’Incarnation et de François de Laval. Le 12 octobre dernier se
tenait la messe d’action de grâce soulignant cette double canonisation.
Le Pape François disait alors ceci :
Les missionnaires sont ceux qui, dociles à l’Esprit Saint, ont le courage
de vivre l’Évangile. Et aussi cet Évangile que nous venons d’entendre:
« Allez donc aux croisées des chemins » – dit le roi à ses serviteurs. Et
les serviteurs sortirent et rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvaient, « les
mauvais comme les bons », pour les conduire au banquet des noces du
roi (Mt 22,9-10).
Les fondateurs et fondatrices que nous présentons dans le dossier ont tous
un point en commun, ils étaient imprégnés de ce profond désir de se conformer
à la volonté de Dieu. C’est ainsi que des figures marquantes et des personnages
moins connus de la Nouvelle-France ont fourni l’impulsion initiale
à la colonie et contribué, pour ainsi dire, à lui donner une âme.
Essayons d’imaginer un instant ce que les deux nouveaux saints diraient aujourd’hui s’ils pouvaient s’adresser à nous par écrit. Que contiendrait l’épître
de Marie ou celle de François aux Canadiens ? Il y aurait sans doute une
grande satisfaction de leur part en voyant les efforts consentis, mais aussi de
l’inquiétude et l’expression d’une grande sympathie devant les défis inédits
posés à l’évangélisation à notre époque. En lisant leurs lettres, on y chercherait
sans doute des solutions, mais ce sont probablement des attitudes dont ils
nous entretiendraient. Les solutions ne sont pas les mêmes d’une époque à
l’autre, mais les dispositions d’esprit qui sont nécessaires à la réussite du plan
de Dieu demeurent les mêmes.
Le dossier commence la nuit de Noël 1638, dans la mission Conception-de
Notre-Dame,en Huronie. Jacqueline Boire, o.s.b., nous présente un amérindien
devenu en quelque sorte missionnaire chez lui, Joseph Chiwatenwa. Pendant
ce temps, en France,Marie de l’Incarnation se préparait activement à sa venue
prochaine en terre d’Amérique. Elle mettait le pied à Québec l’été suivant.
François de Laval était alors âgé de 16 ans.
Deux professeurs de l’université qui porte
son nom, Monsieur Raymond Brodeur et
Mgr Hermann Giguère, dressent un portrait
des nouveaux saints. Carmelle Bisson,
a.m.j., présente ensuite la bienheureuse
Marie-Catherine de Saint-Augustin, qui
laissa une très forte impression sur la jeune
colonie. Les articles sont agrémentés de vitraux
représentant ces quatre personnages hors du
commun. Je m’en voudrais d’en dire plus, préférant
laisser à Lorraine Caza, c.n.d, le soin de situer chacun d’eux en introduction
au dossier.
Dans la portion centrale du numéro, nous publions un extrait du 1er sermon
pour l’Avent de Bernard de Clairvaux (†1153), l’illustre moine parfois décrit
comme le dernier des Pères de l’Église.
Le 350e anniversaire de la paroisse Notre-Dame de Québec coïncide avec
un autre anniversaire, celui de l’arrivée des Augustines et des Ursulines il y a
375 ans. Deux Ursulines impliquées dans la programmation des fêtes, soeurs
Thérèse Duchesne et Jocelyne Mailloux, nous convient à un récital ainsi qu’à
un pèlerinage.
Le dynamisme de la Famille Marie-Jeunesse ne se dément pas. L’annonce
de leur déménagement est l’occasion de goûter un moment l’esprit de fraternité
qui anime cette communauté. L’enthousiasme de Jacinthe Allard, f.m.j.,
et Solène Garneau, f.m.j., est communicative.
À la faveur d’une conférence prononcée plus tôt cette année par le père
Dominique Jacquemin,nous revenons sur les soins en fin de vie, sujet abordé
dans un précédent numéro. Johanne Lessard, de la Chaire Religion, spiritualité
et santé de l’Université Laval, nous résume la pensée du professeur Jacquemin
qui traitait alors de la dignité des personnes malades.
Enfin, comment rester indifférent au sort tragique que connaissent les chrétiens
d’Irak et de Syrie. Comme marque de notre solidarité, nous reproduisons
un discours très senti de Mgr Antoine Audo, s.j. L’évêque d’Alep prononçait ce
discours en Allemagne lors d’une manifestation organisée par Aide à l’Église
en Détresse.
On trouvera, à la fin du présent numéro, une brève présentation de la
Nouvelle traduction liturgique de la Bible. Pour apprécier les nuances
apportées, quoi de mieux que de comparer cette nouvelle traduction avec
la précédente. C’est pourquoi nous avons choisi de reproduire un passage
du Nouveau Testament en plaçant les deux versions en regard.
Bonne lecture !
Revue EN SON NOM, Vie consacrée aujourd'hui
Vol. 72 No. 5 / Novembre - Décembre 2014
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